Selon un article du SNOF, 39 % de la population française est myope.
Cette anomalie oculaire est due à un œil trop long dans lequel l’image se forme
en avant de la rétine. Les objets éloignés sont donc plus ou moins flous, alors
que les objets proches sont toujours perçus clairement. Pourquoi diable l’œil
éprouve-t-il cet irrésistible besoin de s’allonger ?
Cette étrange épidémie de myopie s’est répandue dans le monde au fur et
à mesure de la progression de l’usage de plus en plus précoce et intensif de la
lecture et de l’écriture. D’ailleurs, le port de lunettes est souvent motivé
par le seul besoin de lecture au tableau pendant la scolarité. Si on ne nait
pas myope, on le devient ; en effet, s’il existe une myopie héréditaire
qui se révèle au cours de l’enfance pour progresser peu à peu vers une myopie
très forte, la vision de la plupart des myopes s’est détériorée au cours de l’adolescence
pour se stabiliser ensuite. Un certain nombre de jeunes adultes qui ont échappé
à ce déclin au moment de la puberté développent une myopie dite « de l’étudiant » ;
beaucoup d’activités visuelles rapprochées en sont la cause : lecture et écriture
intensives, usage quotidien de l’écran, pour travailler, pour jouer, pour
communiquer avec leurs relations internétiques. Ils vont donc choisir de belles
lunettes à la mode, dessinées par des designers assez inventifs pour faire
passer la pilule.
De nombreuses autres personnes qui ont échappé à ces malheurs de
jeunesse rejoignent les éclopés visuels en leur bel âge adulte. L’usage
quotidien de l’écran provoque en effet chez 25 % des utilisateurs une myopie
passagère qui dure quelques heures après avoir quitté l’écran. Pour reprendre
les termes d’un médecin du travail toulousain : « on myopise ». Et peu à peu cette myopie se fige, s’installe,
on se dit que c’est inévitable... et vive les lunettes, les lentilles, à moins
de choisir une solution chirurgicale.
Sérieusement, imagine-t-on que 39
% de la population ait un handicap moteur qu’il faudrait soutenir par l’emploi
de béquilles, soit 39 % de la population
qui marcherait dans la rue avec des cannes, des béquilles, ou des déambulateurs, ou qui aurait recours à
la chirurgie orthopédique, vous imaginez un peu ?
Si on essayait tout simplement d’éviter la cause au lieu de réparer les
conséquences car cette déficience visuelle n’a souvent rien de fatal. Devant l’écran
on devient myope car l’œil se crispe sur un seul point et ne cille plus, comme
devant la télévision d’ailleurs. Redonner à l’œil sa souplesse, sa vivacité, c’est
le propos du yoga des yeux, et cela
peut être pour de nombreuses personnes le début d’une réconciliation avec leur
vision : moins de crispation le soir après une journée de travail devant
leur écran, moins de fatigue visuelle. Tomber les lunettes ? pas possible
direz-vous ! C’est pourtant ce qui est en train peu à peu de m’arriver. Je
les oublie de plus en plus souvent alors que du lever au coucher elles faisaient
partie de mon squelette.
Indiana Jones (le troisième épisode lundi prochain sur M6) est un bon repère. Au début de chaque épisode de la série, dans son département universitaire d’archéologie, Indiana a
des lunettes sur le nez, puis avec la vie au grand air et ses aventures
trépidantes, il s’en passe. Moins d’activités visuelles rapprochées, un œil qui
doit bouger sans cesse, c’est aussi du yoga des yeux ? Imaginez-vous Indiana
Jones en déambulateur cherchant ses lunettes dans la jungle ?
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